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Les années de jeunesse, 1859-1889

06/10/2009 - Lu 5418 fois
Œuvres de Jean Jaurès, t. 1.
Oeuvres de Jaurès, tome 1, les années de jeunessse

Jean Jaurès, Œuvres, t. 1, Les années de jeunesse, 1859-1889, textes rassemblés, présentés et annotés par Gilles Candar et Madeleine Rebérioux (1920-2005), Paris, Fayard, 2009, 666 p.
ISBN : 9782213616223 | 32 €

Ce tome premier des Œuvres de Jean Jaurès concerne les années de jeunesse : études, amours, mais aussi, très vite, entrée en politique.

C’est un Jaurès inattendu qui se découvre à nous, plus humain, avec des informations renouvelées, voire jusqu’à présent inconnues, sur ses amitiés normaliennes ou ses sentiments de jeunesse, grâce à de beaux ensembles de correspondances pour la première fois portées intégralement à la connaissance publique.

Nous assistons surtout à l’émergence d’une pensée et d’une pratique politique qui vont compter dans l’histoire de la France contemporaine et au-delà de ses frontières. Ici aussi abondent les informations inédites grâce à l’exploration approfondie de la presse du Tarn, mais aussi la lecture de journaux dans lesquels la signature de Jaurès était restée jusqu’à présent inaperçue.

Jean Jaurès est député républicain du Tarn de 1885 à 1889. Nous le voyons en campagne électorale, nous apprécions mieux ses conceptions initiales sur le régime, la force vivante de l’histoire de la Révolution française, qu’il s’agit toujours de conclure, sur la laïcité, sur les réformes démocratiques et sociales. Ce Jaurès surprendra plus d’un lecteur : comme ses grands aînés, Gambetta et Ferry, il est favorable aux expéditions coloniales, il éprouve l’amer sentiment de la France mutilée devant l’Alsace-Lorraine germanisée, il peut se montrer prudent et modéré face aux réformes à entreprendre. Jaurès avant Jaurès ? Pas seulement, car nous voyons aussi ce qui va le faire évoluer et se révéler à lui-même : sa générosité, son intelligence, sa fermeté, car modération n’est pas renoncement, et surtout sa passion de la fierté et de l’éminente égalité entre citoyens, entre tous les fils de la Révolution, son solide et confiant humanisme.